Toi qui que tu sois
Qui m’as à cette heure dans la main
« A tes risques et périls, la lecture de mes pages,
Tu n’y comprendras rien pas plus qu’à moi,
Le sens t’échappera en mystère croissant,
Cà oui, je te fuirai,
A la minute où tu croiras m’avoir durablement rattrapé,
Ô surprise,
Je serai déjà loin de toi.
Je n’ai pas fait ce livre pour son contenu,
Ta lecture
Ne te le communiquera pas,
On ne me connaît pas mieux quand on m’admire,
Quand on ne tarit pas d’éloges sur moi,
Les candidats à mon amour (deux ou trois exceptés)
Ne gagneront pas,
Mes poèmes ne feront pas seulement le bien,
Ils feront le mal, peut-être même plus de mal que de bien,
C’est peine perdue si tu veux toucher du doigt
Ce qu’il faut deviner seulement, que je suggère ;
Allons bon, lâche-moi, passe ton chemin ! ». Walt Whitman
publié par Stephan dans: askthedust

