Le niveau de la chanson française d'aujourd'hui illustre bien l'echec de l'Education Nationale. Les textes ne disent rien, on remplit les cases avec des mots, comme s'ils étaient innocents... Quand j'écoute la radio, je deviens dingue. On a l'impression de vivre pendant l'entre-deux-guerres, lorsque les vedettes de la chanson n'étaient autres que les pétomanes... - JL Murat
Que ça pue l'hypocrisie de laisser croire qu'on a "bon coeur" 24h sur 24. Cela me répugne... même si je crois avoir bon coeur. C'est s'auto-s'illusionner sur son bon coeur, sur ses bons sentiments, sur son âme charitable. On porte chacun une part de la saloperie de la nature humaine, autant le voir en face et l'exprimer.
A Bruno C.
Cher Collègue,
Je vous remercie vivement pour votre long message et pour l’intérêt que vous voulez bien trouver à mes chroniques dans Lien Social. Certes, le caractère amical de vos éloges me fait plaisir mais je suis encore plus attentif à vos critiques. Par conséquent, je m’empresse d’y réagir :
Sur la forme
Depuis plus de dix ans cette chronique hebdomadaire est limitée à 2000 signes ( lettres, ponctuation et espaces). C’est un cadre très contraignant qui oblige à ne dire que l’essentiel. La chronique que vous citez consiste, au plan rhétorique, en une longue et très rapide énumération qui « chute » sur une phrase de conclusion très courte. J’ai commis l’erreur d’y laisser entrer deux allusions à des procédés que vous réprouvez à juste titre, que je n’avais pas la place de développer, de nuancer et d’inscrire dans un contexte. Des lecteurs ont pu s’en trouver déçus et choqués, c’est votre cas et vous avez raison. La question est trop chargée d’affects et de représentations (Dolto…) pour figurer dans un texte aussi bref et dans un cadre aussi serré. L’un de mes enfants, qui est éduc, m’en avait d’ailleurs fait la remarque. Le chroniqueur ici a été piégé par le procédé rhétorique…
Sur le fond
Ni les claques, ni les coups de pied au fesses ne figurent au projet de notre famille thérapeutique !!!
Mais le problème de ma chronique est qu’ils y figurent comme une sorte de lapsus significatif. Je ne saurais, en clinicien expérimenté, me dérober à cette interprétation.
En effet, dans le courant tumultueux de 40 années vécues avec des enfants, dont 27 en famille d’accueil, il m’est arrivé de coller quelques baffes et autre coups de pied aux fesses. Personne comme les enfants carencés relationnels précoces n’est doué pour, dans le cadre de « transferts chauds », tenter de nous faire fonctionner avec la violence de leurs parents. Ce qui pose tout le problème du contre-transfert dont je parle dans mon livres « Les Parents Symboliques ».
Lorsque, exceptionnellement, je suis intervenu de la sorte, j’ai, le plus souvent, demandé pardon à l’enfant. Il reste que, une claque a parfois stoppé une crise folle par son effet de sidération. Ce n’est qu’une explication, pas une justification.
Sachez, Cher Collègue, que l’auteur des chronique n’est, comme a écrit Sartre dans « Les Mots » rien qu’un homme, fait de tous les hommes, et qui les vaut tous, et que vaut n’importe qui…
Bien sûr que sur le plan de l’éthique de la relation éducative je suis complètement d’accord avec vous !
Merci encore d’avoir écrit.
Cordialement.
P.S : Dans sa biographie de J.S Bach, qui fait référence, Alberto Basso raconte que , chargé d’enseigner le latin et la musique à des vauriens censés devenir chanteurs capables d’exécuter les cantates, Bach piquait des colères folles et lançait sa perruque à la figure des récalcitrants.
Moi, je n’ai même pas l’excuse du génie !

