"Souvent, je me dis "Mon pauvre Murat, tu me fais pitié"... Pitié d'avoir peur, peur de vieillir, de vouloir faire le malin en faisant des chansons, de vouloir gagner quatre sous, de vivre différemment, de faire du sport pour m'entretenir, d'avoir mal aux dents, de faire de la sinusite, tout. Etre malade, ça me fait pitié, ça me dégoûte. Je me vois comme un vieil engin pour lequel j'ai un peu de sympathie... Mais je me dis que vraiment...Pauvre carriole pourrave. Et l'esprit pareil, je suis une vieille carriole déglinguée. Ça m'amuse d'autant plus de me voir essayer, en promo, en télé, de passer pour du neuf, alors que je me sens une vieille chose." - Jean Louis Murat
"Je ne trouve des satisfactions que dans les dernières petites choses qui me restent de l'animal. Etre un humain, je n'y vois que des inconvénients. La curiosité et le savoir m'ont apporté la tare fondamentale, comme à beaucoup de gens : le cynisme. La culture m'a rendu cynique. J'aimerais beaucoup être primaire, ne parler que par grognements et n'avoir que des émotions primaires. Me brûler au feu, me baigner dans l'eau, apprécier l'air, le vent et la chaleur et ne pas chercher midi à 14 h. J'ai l'impression d'être devenu une machine trop sophistiquée qui n'arrête pas de tomber en panne, qui ne peut pas vraiment fonctionner" - Jean-Louis Murat
"Comme beaucoup de gens, je suis constamment en train de faire des efforts pour apprécier les choses. Dès que je me laisse aller, je n'apprécie rien. Rien ne me plaît, rien. Faire des efforts, c'est me lever tôt le matin, bouffer... C'est aussi essayer de rendre heureux les gens avec qui on vit, ne pas être un poids. Donc je ne vis pas très naturellement, je fais des efforts pour tout. Ce que je peux dire là est un peu exagéré, mais je me sens sursitaire. Déjà tout petit, j'étais comme ça, je crois. Comme s'il manquait définitivement quelques vrais bonheurs de bébé. Un déficit en bonheurs de bébé... Le danger est de s'apitoyer sur son sort, car c'est le lot de beaucoup. Simplement, ça ressort davantage chez moi car c'est mon terrain d'action." - Jean Louis Murat
"Attends que la crinière pousse au lionceau", je sentais qu'il faudrait du temps. Ça peut s'apprendre, il faut avoir des connaissances en art poétique, aimer la grammaire, le vocabulaire, écouter beaucoup de musique, trouver son rythme à soi, ne pas se précipiter. J'avais conscience de partir de très loin. Un peu comme le retard de la renaissance française sur la renaissance italienne. - Jean-Louis Murat


