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Mercredi 22 Mars 2006
Toi qui que tu sois
Qui m’as à cette heure dans la main
« A tes risques et périls, la lecture de mes pages,
Tu n’y comprendras rien pas plus qu’à moi,
Le sens t’échappera en mystère croissant,
Cà oui, je te fuirai,
A la minute où tu croiras m’avoir durablement rattrapé,
Ô surprise,
Je serai déjà loin de toi.
Je n’ai pas fait ce livre pour son contenu,
Ta lecture
Ne te le communiquera pas,
On ne me connaît pas mieux quand on m’admire,
Quand on ne tarit pas d’éloges sur moi,
Les candidats à mon amour (deux ou trois exceptés)
Ne gagneront pas,
Mes poèmes ne feront pas seulement le bien,
Ils feront le mal, peut-être même plus de mal que de bien,
C’est peine perdue si tu veux toucher du doigt
Ce qu’il faut deviner seulement, que je suggère ;
Allons bon, lâche-moi, passe ton chemin ! ». Walt Whitman
Mercredi 22 Mars 2006
« Mais oui, parfaitement, je suis conscient de mon égoïsme,
Je sais que j’écris des vers omnivores
et je continuerai à les écrire,
et je suis prêt à vous tendre la main,
qui que vous soyez,
pour vous amener à mon niveau ». Walt Whitman
Mercredi 22 Mars 2006
Song of myself
«  T’aura-t-il fallu toutes ces années pour apprendre à lire ?
Crois-tu donc, vaniteux, que tu comprends le sens des poèmes ?
Reste avec moi une nuit et un jour, tu verras, tu maîtriseras l’origine absolue des poèmes,
Tu maîtriseras la richesse de la terre et du soleil
(un million de soleils inconnus encore à découvrir !),
jamais plus tu n’accepteras rien de deuxième ou de troisième main
ni ne verras par les yeux des morts,
ni ne te nourriras des spectres livresques,
ni ne regarderas rien par mes yeux ni ne prendras rien de ma main,
Mais, oreille ouverte à tous les vents, seras ton propre filtre ». Walt Whitman (Feuilles d’herbe)
Mercredi 22 Mars 2006
« Elle n’en ratait jamais une, ma mère, pour essayer de me faire croire que le monde était bénin et qu’elle avait bien fait de me concevoir. C’est le grand subterfuge de l’incurie maternelle, cette providence supposée ».
Louis Ferdinand Céline (le voyage au bout de la nuit)
Mercredi 22 Mars 2006
« Des jours sans, des ciels bleus
sans jamais un nuage
Un océan de bleu,
Jour après jour, et le ciel qui flotte dedans.
Des jours d’abondance aussi
Avec plein de soucis… »
John Fante  (Demande à la poussière)
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