Je ne renie pas mes crimes
Je ne chipote pas sur le châtiment
Car j’ai quitté la société civile
Quitte à en devenir délinquant
J’ai embarqué ma carabine
Echafaudé des plans
Je ne suis pas un pousse-au-crime
Je veux juste en sortir vivant
On peut parfois toucher au sublime
Comme on peut partir les pieds devant
Et puis un beau jour quitter la ville
Quand on marche sur le fil
On ne change jamais vraiment
Si je reste si indocile
J’ai respecté tous mes serments
Je ne sais pas prier
Je ne sais que te dire
J’ai déjà perdu beaucoup trop de mon temps
Je ne sais que crier
Je n’ai rien à t’offrir
Est-ce que désormais tu me comprends
Je ne veux plus me plier
Je ne peux que m’enfuir
Est ce que désormais tu me comprends
Tu pourras bien me supplier
Tu pourras bien me maudire
Mais il faut que j’y aille maintenant
J’ai déjà perdu beaucoup trop de mon temps
Christophe Miossec
La mélancolie
Qui vient qui coule
Qui vous enfonce tout doucement
Qui vous enroule
Qui vous blottit
Qui vous protège des ouragans
La mélancolie qui vient qui cogne
A la porte si souvent
Que l’on s’y abandonne
Que l’on se roule même dedans
La mélancolie
De nos meilleures années
Nos compagnes nos conneries
Ne doivent pas un jour s’oublier
Nos mélancolies
Se mélangent mon ange
S’emmêlent
Dans nos vies de petits blancs
Dans tous ces souvenirs d’école
Et de tout le tremblement
La mélancolie
Comme une anomalie
Qui démolit tout doucement
Qui vous demande qui vous explique
Qu’on n’est plus des enfants
La mélancolie
Qui coule de source
Qui colle au corps
Et qui vous crée des putains d’emmerdements
La mélancolie c’est communiste
Tout le monde y a droit de temps en temps
La mélancolie n’est pas capitaliste
C’est même gratuit pour les perdants
La mélancolie c’est pacifiste
On ne lui rentre jamais dedans
La mélancolie oh tu sais ça existe
Elle se prend même avec des gants
La mélancolie c’est pour les syndicalistes
Il faut juste sa carte de permanent
Christophe Miossec
Il y a une race d'hommes qui ne s'adapte pas, Une race qui ne peut rester en place ; Ils brisent le coeur de leurs amis et de leurs parents ; Et ils parcourent le monde à volonté.
Ils vagabondent par terre et par mer, Et ils gravissent les cimes des montagnes ; Ils portent la malédiction du sang des gitans, Et ils ne connaissent jamais de repos.
S'ils suivaient un droit chemin, ils iraient loin, Car ils sont forts et fidèles ; Mais ils se lassent vite des choses, Ils ont soif de nouveau.
Truman Capote

